Liberté de la presse en 2023 : 779 journalistes ont été emprisonnés selon Reporters sans frontières

, par communication@clubdelapressehdf.fr

Près de 550 journalistes ont passé le début de l’année 2024 en prison, un autre chiffre alarmant sur les atteintes à la liberté de la presse, publié le 31 décembre 2023 par Reporters sans frontières dans son bilan annuel, deux semaines après le bilan des journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions en 2023.

Selon Franceinfo s’appuyant sur les informations de RSF, 779 journalistes ont été emprisonnés plus de 48 heures dans le monde en 2023. 547 d’entre eux le sont toujours. « L’emprisonnement des journalistes est une méthode de répression utilisée dans près de la moitié des pays du monde. Sur les cinq dernières années, au moins un journaliste a été détenu en raison de son travail dans 86 pays. » a déploré Christophe Deloire, Secrétaire général de RSF.

Quatre pays les plus répressifs : la Chine, la Birmanie, la Biélorussie et le Vietnam

La Chine « reste la plus grande prison du monde », alerte Reporters sans frontières. En 2023, le pays a emprisonné 135 journalistes, et 121 l’étaient encore le 29 décembre 2023. Elle est suivie de la Birmanie qui à en ce jour encore 69 journalistes détenus. Elle a de surcroît « prononcé la plus lourde peine contre un professionnel des médias cette année en condamnant à 20 ans de prison le photojournaliste Sai Zaw Thaike, accusé notamment de « désinformation » et de « sédition » », a indiqué Christophe Deloire, Secrétaire général de RSF. La Biélorussie a quant à elle emprisonné 55 en 2023 dont 39 sont toujours derrières les barreaux. Le Vietnam est le quatrième pays qui compte aujourd’hui le plus de journalistes en détention (36), selon le bilan de RSF.

Une répression de plus en plus féroce contre les femmes journalistes

Reporters sans frontières alerte également sur les peines d’emprisonnement record pour les femmes journalistes en 2023. «  Alors que depuis 2019, aucune femme journaliste n’avait été condamnée à plus de 10 ans de prison, 6 des 8 plus lourdes peines prononcées en 2023 concernent des femmes journalistes. Elles sont victimes d’une répression terrible, notamment en Iran où Elaheh Mohammadi et Niloofar Hamedi ont été condamnées à 12 et 13 ans de prison, mais aussi au Biélorussie, sous le régime autoritaire de Loukachenko, où les figures emblématiques du journalisme indépendant Maryna Zolatava, Lioudmila Tchekina et Valeriya Kastsiouhova ont écopé de peines allant de 10 à 12 ans d’emprisonnement, ou encore au Burundi, où Floriane Irangabiye, l’une des rares femmes journalistes détenues en Afrique subsaharienne, purge une peine de 10 ans de prison  » constate l’ONG.

Même si ce bilan 2023 enregistre un léger recul par rapport au chiffre sans précédent de 2022 (569 journalistes incarcérés), les chiffres publiés par RSF démontrent que la liberté de la presse est toujours menacée dans plusieurs pays.


 

 

 

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